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Les infrastructures Travaux Publics

Les infrastructures en France et dans les Hauts-de-France : le nécessaire entretien.

La récente et tragique actualité liée aux infrastructures routières en Italie nous rappelle l’importance des réseaux physiques. Les infrastructures reflètent le dynamisme d’une région, mais leur entretien est absolument nécessaire, afin d’éviter des drames et de maintenir le patrimoine.

La France bénéficie de réseaux routiers et, plus largement, d’infrastructures de transports  denses et de qualité. Cela a fortement contribué au développement, à l’attractivité et à l’image de notre pays. C’est le résultat d’efforts, au long des années, d’investissement par nos prédécesseurs.

Mais ces infrastructures, comme toute réalisation, vieillissent. Elles se dégradent. Les pouvoirs publics en sont conscients. Fin juillet 2018, le ministère des Transports avait rendu public un rapport sur l’état des routes. Ce document parlait d’une « forte dégradation du réseau national routier ».

Malheureusement, ce constat n’est pas nouveau : déjà, en 2017, une étude menée par la mission d’Inspection sur les dépenses de voirie des collectivités territoriales alertait sur la situation particulière des ouvrages d’art (hors tunnels), « pour lesquels le constat global est celui d’un manque de diagnostic et d’un d’entretien hétérogène en raison de leur complexité technique et du coût des travaux ». 

Ces dégradations ne sont pas toujours visibles, ni immédiatement sensibles. Pour le propriétaire de l’ouvrage, aux finances toujours contraintes, il peut être tentant de se contenter de procéder aux réparations indispensables, à effet immédiat sur la satisfaction de l’utilisateur. Quitte à remettre à plus tard un entretien moins visible, quoiqu’autant, voire plus, nécessaire. 

Bref, partant d’infrastructures de qualité, nous acceptons passivement, année après année, leur dégradation.

Qu’en est-il dans les Hauts-de-France ? La Fédération Régionale des Travaux Publics finalise un document recensant l’ensemble des infrastructures et qui fournit, lorsqu’ils existent, les indicateurs sur leur qualité.

Voici les principaux éléments : la région des Hauts-de-France compte 67 767 kilomètres de routes, dont la valeur patrimoniale est estimée à 122 milliards d‘euros

Le réseau national routier des Hauts de France (routes nationales et autoroutes non concédées) représente 1 580 kilomètres. Selon les organismes officiels (DIR - Direction Interdépartementale des Routes ; CEREMA – Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement ; IQRN –Image Qualité du Réseau Routier National), 67 % de ces infrastructures nécessitent des travaux d’entretien.

Autre chiffre alarmant : sur les 1 138 ponts dénombrés sur le réseau géré par la DIR, des travaux se justifient pour 47 % d’entre eux (38 % pour de l’entretien préventif et 9 % pour des réparations nécessaires).

Or notre région tire toujours partie du réseau existant, notamment via les projets de logistique. Quelle sera notre attractivité si les infrastructures se dégradent ? Si des ponts sont condamnés ?

Il est du devoir de la profession de rappeler que l’entretien des infrastructures est une absolue nécessité pour éviter que des réseaux deviennent inutilisables ou, pire, dangereux pour les femmes et les hommes qui les utilisent avec une absolue confiance.   



Bernard Duhamel, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics Hauts-de-France